Amadou Hampaté Bâ - Ecrivain Malien et Africain

Publié le par cultures-maliennes

 

Amadou Hampâté Bâ est né en 1900 à Bandiagara, chef-lieu du pays dogon. Fils de Hampâté Bâ et de Kadidja Pâté Poullo Diallo, il est le descendant d’une famille de la noblesse peule.

Après la mort de son père, il sera adopté par le second époux de sa mère, Tidjani Amadou Ali Thiam. Il sait lire et retient les textes du Coran dès l'âge de 7 ans et fréquente l’école coranique de Tierno Bokar, un dignitaire de la confrérie Tidjaniyya. Il sera ensuite réquisitionné d’office pour l’école française à Bandiagara puis à Djenné. En 1915, il part rejoindre sa mère à Kati et y reprend ses études. Sa mère occupera plus tard une grande place dans ses ouvrages.

En 1921, il refusera d’entrer à l’école normale de Gorée. Le gouverneur le sanctionne et l’affecte à Ouagadougou, en qualité d’« écrivain temporaire à titre essentiellement précaire et révocable ». De 1922 à 1932, il occupe plusieurs postes dans l’administration coloniale en Haute-Volta (actuel Burkina Faso) puis jusqu’en 1942 à Bamako. En 1933, il obtient un congé de six mois qu’il passe auprès de Tierno Bokar, son maître spirituel et qui lui permettra de retranscrire la parole et l'enseignement du Maître.

En 1942, il est affecté à l’Institut français d’Afrique noire (IFAN) de Dakar grâce à la bienveillance de son directeur, le professeur Théodore Monod. Il y effectue des enquêtes ethnologiques et recueille les traditions orales. Il se consacrera notamment à une recherche de quinze ans qui le mènera à rédiger l’Empire peul du Macina. Toute sa vie il se battra pour la sauvegarde des cultures orales peules et plus généralement africaines. Il est l'auteur de la fameuse citation : "A chaque fois qu'un vieillard meurt en Afrique, c'est une bibliothèque qui brûle."

En 1951, il obtient une bourse de l’UNESCO lui permettant de se rendre à Paris et de rencontrer les milieux africanistes, notamment Marcel Griaule.

En 1960, à l’indépendance du Mali, il fonde l’Institut des sciences humaines à Bamako et représente son pays à la Conférence générale de l’UNESCO. En 1962, il est élu membre du Conseil exécutif de l’UNESCO. En 1966, il participe à l’élaboration d’un système unifié pour la transcription des langues africaines. En 1970 prend fin son mandat à l’UNESCO.

Après cette date, Amadou Hampâté Bâ se consacrera entièrement à son travail de recherche et d’écriture. Les dernières années de sa vie, il les passera à Abidjan à classer ses archives accumulées durant sa vie sur les traditions orales d’Afrique de l’Ouest ainsi qu’à la rédaction des ses mémoires. Il s'éteint à Abidjan le 15 mai 1991.

En 1983, son nom a été donné au Palais de la Culture de Bamako construit en collaboration avec la Corée du Nord.

 

Ouvrages publiés :

 

L'Empire peul du Macina (1955, nouvelle édition en 1984)

Vie et enseignement de Tierno Bokar, le sage de Bandiagara (1957, réécrit en 1980

Kaïdara, récit initiatique peul (1969)

Aspect de la civilisation africaine (1972)

L'Étrange Destin de Wangrin (1973, Grand prix littéraire d'Afrique noire 1974)

L’Éclat de la grande étoile (1974)

Jésus vu par un musulman (1976)

Petit Bodiel (conte peul) et version en prose de Kaïdara (1976)

Njeddo Dewal mère de la calamité (1985, conte fantastique et initiatique peul)

Ce que vaut la poussière, contes et récits du Mali (1987)

Amkoullel l’enfant peul (Mémoires I, 1991) et Oui mon commandant ! (Mémoires II, 1994)

Il n'y a pas de petite querelle (2000)

Mémoires (2012)

 

Publié dans Littérature

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

cultures-maliennes 09/05/2012 15:14

la culture peulh es la culture qui transcende l'afrique

cultures-maliennes 14/07/2012 19:30



Du Cameroun au Sénégal le fulfuldé est là !!!



alou 17/03/2012 23:34

merci pour faire connaitre la richesses du Mali !!

D. 08/03/2012 23:01

Je viens juste il y a un mois de finir "Oui mon commandant ! "
Je trouve vraiment cet auteur extraordinaire !!!
J'ai adoré son livre qui m'a fait rêvé et en même temps qui en apprend énormément sur la culture africaine et l'histoire de la colonisation (et même sur les pratiques musulmanes dans la
région).
C'est d'ailleurs un point de vue assez intéressant dans la mesure où c'est bien celui d'un Malien mais qui faisait partie de l'élite Peul et de l'administration coloniale.
En tous cas son ouvrage m'a vraiment fait découvrir plein de choses et m'a fait réfléchir encore plus !

(Je recommande vraiment ce livre !)