Bazoumana Sissoko, Le Vieux Lion

Publié le par cultures-maliennes

d0010432_1453840.jpgBazoumana Sissoko est né à Koni, localité de la commune de Barouéli dans l'ancien Royaume bamanan de Ségou. D'après la légende qu'il a lui même propagé, sa naissance serait intervenu en 1890 le jour de la prise de Ségou par les troupes françaises du général Louis Archinard. 

Bazoumana est issu d'une grande famille de griot. Son grand père Djéli baba Sissoko jouissait déjà d'une très grande réputation. Aveugle dès sa naissance, il apprend à jouer seul le n'goni (le luth traditionnel malien) qui deviendra son instrument de prédilection et dont il est reconnu comme un des virtuoses.

Surnommé  par ses compatriotes le « Vieux Lion » ou « le griot des griots », Bazoumana Sissoko orienta naturellement, de par sa naissance, son art musical vers l’épopée bamanan de Ségou.

 

Sous la Ire République (1960-1968) il défend le jeune Etat du Mali à travers des titres comme « Mali » qui chantait la mère patrie et appelait ses concitoyens à la reconstruction nationale. Dans beaucoup de ses chansons de la période de l’indépendance, il mit l’accent sur le patriotisme, le désintéressement, l’honnêteté et l’intégrité des dirigeants du pays. A sa manière, il soutint le jeune Etat du Mali et servit de référence à la plupart des artistes musiciens de la Ire République. Il est d'ailleurs l'e compositeur de l'hymne national malien (Pour l'Afrique et pour toi, Mali) dont les paroles ont été écrites par Seydou Badian Kouyaté.

Sous le régime militaire Bazoumana resta étonnamment muet, même dans le domaine de la production musicale. Tous ses grands titres sont d’ailleurs antérieurs à cette période dans laquelle il ne se produisit qu’à de très rares occasions. Il ne verra pas la fin de la dictature militaire de Moussa Traoré car il s'éteint le 29 décembre 1987.

Son n'goni est aujourd'hui conservé au Musée National de Bamako.

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