Samory Touré, l'homme qui résista à l'impérialisme français

Publié le par cultures-maliennes

Samory Touré est né en 1830 à Miniambaladougou sur le territoire de l’actuelle République de Guinée.

Ce fils de marchands grandit dans une époque ou la multiplication des contacts avec les Européens entraine de profondes modifications en Afrique de l’Ouest. Le commerce avec les européens a enrichi  certains africains tandis que l’utilisation croissante des armes à feu modifie les traditions guerrières et les rapports de forces intra-africains.

En 1848, la mère de Samory est capturée pendant un raid mené par Sory Birama, du clan Cissé et sera réduite en esclavage. En échange de la libératon de sa mère, Samory se mit au service des Cissé et apprit ainsi le maniement des armes. D'après la tradition, il resta à leur service "sept ans, sept mois, sept jours" avant de prendre la fuite avec sa mère.

Il s'engagea ensuite pour deux ans dans l'armée des Bérété, ennemis des Cissé, avant de rejoindre son propre peuple, les Camara. Nommé "kélétigui" ("chef de guerre"). Samory prononça le serment de protéger son peuple contre les Bérété et les Cissé. Il créa une armée professionnelle et nomma ses proches, notamment ses frères et des amis d'enfance, à des postes de commandement.

El Hadj Oumar Tall, fondateur de l’Empire Toucouleur mourut en 1864. La dislocation de cet Empire entraine de nouveaux conflits où chaque chef de guerre lutte pour créer son propre État.

A cette époque, Samory est un chef de guerre à part entière dont l’armée est regroupée à Sanankoro sur les bords du Haut-Milo, un affluent du fleuve Niger.

En 1876, Samory put importer des fusils à chargement par la culasse par l'intermédiaire de la colonie britannique de Sierra Leone. Il conquis le district de Buré riche en or (actuellement à cheval sur la frontière entre Guinéeet Mali). En 1878, il se proclame « Faama » (chef) de son propre Empire : Le Wassoulou et fit de Bissandugu sa capitale.

En 1881, le Wassoulou s’étend en Guinée et au Mali, depuis l'actuel Sierra Leone et jusqu’au nord de la Côte d’Ivoire.

Depuis les années 1870, les français ont commencé leur extension en Afrique de l’Ouest à partir du Sénégal avec pour objectif d’atteindre la haute vallée du Nil mais également de rejoindre leurs bases en Côte d’Ivoire.

En 1882 se déroule le preimier affrontement important entre une expédition française et une des armées de Samory à Keniera. Samory réussit à repousser les Français

Quand, en 1885, une autre expédition menée par le gouverneur colonial français du Soudan Antoine Combes tente de s’emparer des mines d'or de Buré, Samory obligera de nouveau ses adversaires à se replier.

On estime qu’à cette époque l’ensemble de l’armée de Samory Touré compte plus de 30 000 fantassins organisés en pelotons et compagnies ainsi que 3 000 cavaliers organisés en escadrons de 50 hommes chacun.

La détermination des Français restera forte malgré leurs premiers échecs et, en s’appuyant sur des clans soumis autrefois par le Wassoulou, ils réussirent à faire céder par Samory l’Ouest de son Empire lors de différents traités signés à la fin des années 1880

En 1891, une expédition française commandée par le colonel Archinard attaqua Kankan. Pour contrer la puissance de feu supérieure de l’envahisseur, Samory mènera une guerre de mouvement. En dépit des victoires qu'il remporta contre des colonnes françaises à Dabadougou par exemple, Samory ne parvint pas à chasser les Français du cœur de son royaume.

En juin 1892, les troupes françaises s’emparent de la capitale de Samory, Bissandugu. De plus, les Britanniques vont arrêter leurs ventes d’armes après avoir signé avec les autres puissances européennes la Convention de Bruxelles de 1890.

Samory se replia alors vers l’est en dévastant chaque parcelle de terrain qu'il évacuait. Bien qu'à cause de cette tactique il fut coupé de sa nouvelle source d'approvisionnement en armes, le Libéria, il réussit tout de même à retarder la poursuite française.

Néanmoins, la défaite de Babemba Traoré à Sikasso, permit à l'armée coloniale de lancer une attaque générale contre Touré. Il fut capturé le 29 septembre 1898 par le capitaine Gouraud. Il sera exilé au Gabon ou il décèdera le 2 juin 1900 d’une pneumonie.

La pièce de théâtre de l’écrivain malien Massa Makan Diabaté "Une hyène à jeun" est inspirée de la signature du traité de Kéniéba-Koura par Samory Touré en 1886 qui cédait la rive gauche du fleuve Niger à la France.

 

Publié dans Histoire

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TAÏKI ANDRÉ 05/07/2016 23:12

Reconnaissent ils aujord'hui la guerre du néocolonialisme quand même? il pour l'Afrique un samory touré

kiemde cheick omar 10/08/2013 15:21

Samory Touré est l'un dè grande figure africain qi a su resisté à la puissance coloniale dommage q'il fu trahi par sè proche

cultures-maliennes 21/08/2013 11:18



le colonialisme sait toujours jouer sur la division des colonisés. Diviser pour mieux régner malheureusement



fatoumata 11/01/2013 13:50

les AQMI veulent nous coloniser aujourd'hui on a besoin d'un nouveau samory touré !

yvonne 01/04/2017 15:07

d une part cette colonisation a permi a la cote d ivoire d obtenir son independance

modibo 02/01/2013 15:02

la colonisation a fait beaucoup de mal au pays quand même

clovis simard 22/10/2012 03:52

Voir Blog(fermaton.over-blog.com)No.21- THÉORÈME des POUVOIRS. - La folie des pouvoirs