Cheick Oumar Sissoko : Du cinéaste engagé à l'homme politique reconnu

Publié le par cultures-maliennes

Cheick Oumar Sissoko est né en 1945 à San, commune de la région de Ségou.

Étudiant à Paris, il obtient un DEA d’histoire et sociologie africaine et un diplôme de l'École des Hautes Etudes en Sciences Sociales, en histoire et cinéma. Il suit ensuite des cours de cinéma à l’École nationale supérieure Louis-Lumière.

De retour au Mali, il est engagé comme réalisateur au Centre national de la production cinématographique (CNPC). Il y réalise « Sécheresse et exode rural ».

Cheik Oumar Sissoko envisage son métier de cinéaste comme une prolongation de son engagement politique. Il déclare ainsi : « Mon choix du cinéma, c’est pour m’aider dans le combat politique qui a été le mien. C’est pour ça que j’ai d’ailleurs étudié le cinéma, la sociologie. Mon cinéma est destiné à éveiller les consciences. C’est pourquoi mes films sont en langues locales. Il s’agit d’amener les populations à comprendre les phénomènes qui déterminent l’évolution de nos sociétés. »

En 1995, il réalise « Guimba, un tyran, une époque » qui reçoit le prix spécial du jury au Festival de Locarno, le Prix du meilleur long métrage lors du 6e Festival du cinéma africain de Milan (1996) et l’Étalon de Yennenga au Fespaco (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou). Ce film apparait comme une métaphore rappelant aux maliens la dictature de Moussa Traoré qui pesa sur le Mali de 1968 à 1991. « Guimba » est un film où se mêlent différentes langues (bambara, peul, soninké) dans un décor exceptionnel. Le travail sur les costumes coordonné par Kandjoura Coulibaly est également un des éléments remarquables de ce film.

En 1999, sort « La Genèse » pour lequel il reçoit le Prix du meilleur long métrage lors du 10e Festival du cinéma africain de Milan (2000). Dans ce film inspiré des écrits bibliques, trois clans s’affrontent, le clan de l’éleveur Jacob, le clan des cultivateurs d’Hamor et le clan des chasseurs dirigé par Esaü. Ce dernier est incarné à l’écran par le chanteur Salif Keïta.

En 2000, il réalise « Bàttu » qui obtiendra le prix RFI Cinéma du public au Fespaco en 2001. Ce film décrit l’histoire d’un homme politique qui désire chasser les mendiants de sa ville et qui s’exposera ainsi à une colère sociale. Les mendiants déclencheront une grève de la mendicité qui empêchera les citoyens de remplir l’obligation religieuse musulmane de l’aumône. On peut voir dans ce film Isaach de Bankolé et Danny Glover aux côtés de Makéna Diop, Awa Sène Sarr et Félicité Wouassi.

Parallèlement à sa carrière de cinéaste, Cheick Oumar Sissoko mène une carrière politique de premier plan dans son pays. Président du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l'indépendance (SADI), Il est nommé le 16 octobre 2002 ministre de la Culture dans le gouvernement d'Ahmed Mohamed Ag Hamani. Il sera confirmé à ce poste le 3 mai 2004 dans le gouvernement d'Ousmane Issoufi Maïga et quitte le gouvernement lors de sa démission le 27 septembre 2007. Le ministre de la Culture qu’il était a souhaité travaillé sur quatre axes. La culture comme facteur de développement économique comme premier axe. Le second, la culture comme facteur de paix et de stabilité. Le troisième, c’est la promotion de l’expression culturelle linguistique et le 4ème point, la solidarité internationale.

 

Filmographie

1982 : L'École malienne

1983 : Les Audiothèques rurales

1984 : Sécheresse et exode rural

1986 : Nyamanton, la leçon des ordures

1989 : Finzan

1992 : Être jeune à Bamako

1992 : L'Afrique bouge

1993 : Problématique de la malnutrition

1995 : Guimba, un tyran, une époque

1999 : La Genèse

2000 : Battù

 

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